CoulissesJournal20 février 20269 min de lecture

Dans le bain : les couleurs qui tiennent cinquante ans

Garance, brou de noix, indigo, grenade : comment se fabrique une couleur qui ne partira pas au soleil.

Mains plongeant des écheveaux de laine rouge dans un bain de teinture fumant

Une couleur naturelle n'est pas une couleur posée : c'est une réaction. La laine doit d'abord être préparée, sinon le pigment glisse et disparaît au premier lavage.

Trois étapes, jamais moins

  1. Le dégraissage. Eau chaude, cendre ou savon noir. La laine perd son suint.
  2. Le mordançage. Alun, parfois tanin de grenade. C'est lui qui accroche la couleur à la fibre.
  3. Le bain. Température basse et longue : deux à quatre heures, jamais d'ébullition franche, qui feutre la laine.

La palette de l'Atlas

« On ne juge pas une teinture le jour même. On la juge après trois étés dehors. »

Détail de nœuds de laine teinte, motifs losanges ivoire, henné et encre

Pourquoi c'est plus cher

Un bain de garance demande une journée entière pour deux kilos de laine, et la couleur varie d'un bain à l'autre. Cette variation — que l'industrie corrige — est exactement ce qui fait qu'un tapis noué à la main ne ressemble à aucun autre.

Vallée liée

Aït Haddidou

Tribus de transhumance. Les tapis y racontent le chemin.

Les pièces de cet article

À lire ensuite