PortraitJournal10 avril 20266 min de lecture

Tilila, trois traits et un point

Elle ne signe pas ses toiles : elle y inscrit le tatouage de sa mère. Portrait d'une peintre qui broie encore ses couleurs à la main.

Pigments naturels dans des bols de terre, pinceaux et toile de lin brut

Tilila a commencé à neuf ans, sur les murs de terre de la maison familiale. Personne ne lui a appris ; on l'a simplement laissée faire, parce que les murs se rechaulaient chaque printemps.

Des toiles de tente aux toiles de lin

Pendant vingt ans, elle a peint sur la toile de tente usée que son mari rapportait des marchés. Le lin est arrivé tard, en 2021, avec Tilart. Elle dit qu'il boit moins et pardonne moins.

Une seule histoire à la fois

Ses sujets sont presque toujours des départs : troupeaux, fils partis en ville, saisons qui basculent. La nuit où le troupeau est parti raconte la sécheresse de 2019, quand la famille a dû descendre les bêtes de nuit. Chaque losange doré du ciel est une étoile comptée pour ne pas s'endormir en marchant.

Village d'Imilchil sous la brume, sommets enneigés du Haut Atlas

La signature

Trois traits et un point, en bas à droite, à la pointe du pinceau. C'est le tatouage de menton que portait sa mère. « Ce n'est pas mon nom. C'est de qui je viens. »

Vallée liée

Imilchil

Lacs Isli et Tislit, laine épaisse, hivers longs.

Découvrir le portrait de Tilila

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