Carnet de valléeJournal18 janvier 20267 min de lecture

Imilchil, l'hiver où la laine devient épaisse

Cinq jours à 2 200 mètres, entre les lacs Isli et Tislit, à regarder une vallée entrer dans le froid — et les métiers se remplir.

Village de pierre du Haut Atlas au lever du jour, sommets enneigés et brume

La route d'Imilchil se termine deux fois par an : une fois sous la neige, une fois sous la boue. Nous y sommes montés en janvier, quand la vallée ne reçoit plus personne et que les troupeaux sont déjà redescendus.

Ce que le froid fait à la laine

À cette altitude, la brebis produit une laine plus longue et plus grasse. Les tisseuses d'ici la préfèrent pour les tapis de nuit : elle garde la chaleur du corps, elle amortit le sol de terre battue. Une toison d'hiver, lavée à l'eau des sources, perd un tiers de son poids et rien de sa densité.

« L'été, on tond. L'hiver, on travaille. Une vallée qui ferme, c'est une vallée qui fabrique. »

Chez Tilila

Tilila peint dans une pièce de trois mètres sur quatre, une fenêtre plein sud, un poêle. Elle broie ses pigments sur une pierre plate posée sur les genoux : ocre des berges de l'Isli, charbon de genévrier, henné. Le bleu, elle l'achète — c'est le seul.

Pigments naturels broyés à la main dans des bols de terre, à côté de pinceaux usés

Elle ne travaille jamais deux toiles en même temps. Une toile commencée est une histoire ouverte, dit-elle, et on ne raconte pas deux histoires à la fois.

Repères

Vallée liée

Imilchil

Lacs Isli et Tislit, laine épaisse, hivers longs.

Découvrir le portrait de Tilila

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